Pensez-vous que la littérature valaisanne bénéficie d’un nouveau souffle?
Tout dépend de ce qu’on met dans le mot souffle. Je pense qu’il y a un nouveau souffle dans le sens où il y a une nouvelle matière littéraire, une nouvelle manière d’écrire qui a émergé ces trois dernières années. On a un renouvellement et on y trouve d’autres manières de mettre en scène le jeu littéraire. Des formes poétiques à la littérature gore, les plumes tentent de s’exprimer autrement, de jouer avec la langue.
De nombreuses nouvelles plumes sont apparues en Valais ces dernières années…
Si on ancre la question du nouveau souffle dans le nombre de publications à compte d’éditeur, ces dernières années, on constate en effet une réelle augmentation. Toutefois, pour entrer dans la SEV, il n’est pas nécessaire d’avoir été publié à compte d’éditeur, puisque c’est en ayant une activité littéraire au sens large qu’un chemin se trace, et nous croyons beaucoup à l’émergence de talents.
Que propose la SEV en termes d’activités pour les auteurs?
En plus de l’annuel Cahier de la SEV, qui nous permet de montrer la diversité des plumes, nous avons développé des partenariats avec d’autres institutions culturelles. Un cycle de tables rondes à la Fondation Opale, «Travailleuses et Travailleurs du Texte», pour interroger nos pratiques et l’économie de l’édition, les capsules poétiques avec le festival Cellules Poétiques, les lectures au PALP, la mise en place de résidences: tout cela contribue à offrir un vivier créatif à nos membres.
Vous essayez aussi de sortir des sentiers battus…
Notre ancien président Pierre-André Milhit avait monté un projet qui s’appelait «Produits de terroir» pour montrer que la littérature est une pratique ancrée en Valais. Au début de cette année, pour l’inscrire dans le quotidien, nous avons distribué dans plus de 50 lieux de restauration du Valais romand 70 000 sets de table où figurent vingt textes inédits.
Cet article se retrouve dans notre magazine «Culture» en cliquant ici.

Les jeunes sont de plus en plus nombreux à écrire…
Il y a environ quatre ans, on a mis en place la SEV Jeunes. Ces jeunes auteurs et autrices sont autonomes, ils se rencontrent, ils discutent, ils dialoguent, et l’écriture n’est plus une affaire solitaire. Aujourd’hui, nous avons environ 230 membres et une cinquantaine de membres jeunes. Il y a donc un vrai potentiel de plumes chez les jeunes et notre concours dédié aux 16-22 ans nous offrent de belles surprises chaque année.
Et des écrivaines émergent aussi…
Je ne sais pas si elles sont plus nombreuses qu’avant, mais, en tout cas, elles sont plus visibles. Peut-être écrivaient-elles déjà autant, mais la question tient plutôt à la place qu’on leur accorde et à la reconnaissance de leurs plumes, dont certaines sont magnifiques. D’ailleurs, ce sont des écritures qui rencontrent un vrai public.

